Face est du 1er pilier sud de la nef.
Sa face principale est entièrement occupée par un âne dont la tête, tournée en direction de l'autel, forme l'angle gauche du chapiteau. Il porte sur son dos une besace et essaye d'avancer, la pate errière gauche levée.
Sur la face gauche du chapiteau un homme s'arquebute, presque couché, retenant l'âne par la queue à laquelle il s'agrippe à deux mains.
A l'extrémité de la face droite, un homme est partiellement visible, appuyant avec son poing sur le front de l'âne pour lui faire courber la tête.En même temps cet homme se tient la cheville droite de sa main gauche.
C'est ici le thème christianisé (→note) la Vierge Marie se voit dotée d’attributs communs à Venus (ou Aphrodite, « la Mère aux
mille noms »), elle-même assimilée à Isis, conçue comme étoile de mer (Isis Pelagia), comme consolatrices des affligés, et dont
l’emblème dominant est devenu la rose mystique.
Isis présente beaucoup de traits communs avec ce que sera la Vierge Marie (…), mais dans une visée théologique évidemment très différente ».
« Le christianisme a repris le thème de la rose pour le dédier à la Vierge Marie,de même qu’il a doté celle-ci des attributs d’Isis (Regina Caeli, Stella Maris, …) »
(Cazenave M., dir., Encyclopédie des symboles, 1996, Librairie Générale Française.)
du conte païen de "L'âne d'or" d'Apulée".
Dans sa version initiale, païenne du 2ème siècle avant J.C., un homme est condamné par la déesse Isis à être changé en âne pour ses fautes. L'animal subira de nombreuses avanies au cours de son existence. Devant son repentir, la déesse lui fera retrouver sa forme humaine.
Sur ce chapiteau l'âne désigne le pécheur ballotté par les sollicitations de ce monde tant qu'il n'a pas reçu la grâce de la Foi.
Le personnage se tenant la cheville à l'extrémité du retour de droite témoigne par ce geste de l'indispensable travail spirituel sur soi-même afin d'abandonner sa volonté (courber la tête) devant celle de Dieu.
Ce thème a été souvent repris à l'époque médiévale, démontrant un certaine similitude de conduite et d'interchangeabilité entre l'homme et l'âne. Il a donné naissance au cote "Peau d'âne".