Située à la jonction de l'Auvergne et de la Bourgogne, proche du Berry, construite par des moines de Cluny, alors que Châtel dépendait de l'Auvergne, l'église de Châtel-Montagne porte dans sa construction l'empreinte de ces diverse influences.
Sommier
-Le chevet est typique des chevets auvergnats avec ses chapelles rayonnantes et ses toitures étagées,
- quatre chapelles rayonnantes seulement. Il n'y a pas de chapelle axiale dédiée à la vierge dans les églises portant son nom,
- le sommier courant le long du déambulatoire et supportant les piliers,
- les deux piliers jumelés à l'entrée du déambulatoire,
- les piles de la nef constituées d'un noyau carré cantonné de quatre colonnettes,
- les voûtes en quart de cercle des collatéraux, bien qu'elles soient fréquentes dans les églises cisterciennes ainsi qu'au sud de la Loire.
Ouvertures
- les ouvertures regroupées par trois au dessus des grandes arcade,
- pilastres complètement frustes des ouvertures trigéminées bourguignonne,
- les doubleaux sous la voûte de la nef,
- l'éclairage direct de la nef par des fenêtres situées juste sous la voûte en berceau,
- Le clocher dans le style bourbonnais mâturé de Bourguignon ,
- le rez-de-chaussée du porche ouest s'ouvrant sur l'extérieur,
Modillon (ancien)
Les fausses tribunes de la nef, n'ont été utilisées que dans trois édifices anciens répartis en Europe romane.
Cependant, il est probable que ce sont les fausses tribunes assez fréquentes dans les transepts d'églises romanes de différentes régions et en particulier en Auvergne, qui ont inspiré et fait réinventer cette rareté architecturale.
Modillon (ancien)
Elle est pratiquement inexistante :
* Rangées de billettes courant horizontalement sur la façade sud et passant en sourcil au dessus des fenêtres, ainsi que de l'ouverture centrale de la façade ouest, et également sous les fenêtres hautes de la nef d'origine auvergnate.
* modillons à copeaux, image de la pièce de bois sortant de chez le menuisier, pièce qui aurait été rabotée de part et d’autre en laissant l’enroulement des copeaux enlevés. Il s’agit d’un décors d’inspiration orientale et typiquement auvergnat. De nombreux modillons ont été entièrement refaits lors de la restauration.
* Boudins verticaux aux angles du clocher d'origine bourguignonne.
Billettes (restaurées)
Au niveau de la nef, tous les arcs et arcades sont en plein cintre avec des arêtes vives, sans décoration ni moulure, d'origine bourguignonne.
La fusion de thèmes d'origines auvergnates et bourguignonnes, et leur recomposition en un ensemble cohérent et original, d'une grande qualité plastique, sont les caractéristiques de l'architecte qui a construit les parties hautes de la nef et le massif occidental de Châtel-Montagne. Il est bien difficile d'identifier ses sources, mais on peut citer avec vraisemblance Paray-le-Monial et Issoire.