Plan du choeur
Un déambulatoire avec quatre chapelles rayonnantes entoure un choeur en cul de four dont la voûte a été rehaussée au niveau de celle de la nef.
colonnes d'entrée et
rotonde du choeur
Le chevet est séparé du transept par deux piliers de la croisée.
Il commence par une travée "droite" dite de « chœur ", bordée de collatéraux voutés en demi-berceau, surélevée de deux marches sur le transept. Sa voûte a été rehaussée au niveau de celle de la nef. En grande partie, cette travée droite date de l'église primitive.
Visuellement, la séparation est renforcée par les deux arcs brisés est de la croisée, en ressaut, qui s'appuient directement sur ces piles. (→note)On ne voit pas d'arc doubleau en berceau d'entrée du choeur comme il en existe un du coté de la nef.
Chacun de ces deux piliers se prolonge vers l'est par un mur lisse séparant la travée droite du choeur de celle d'un collatéral. (→note)Ces travées droites et ces murs sont les vestiges conservés le l'abside centrale et des deux absidioles latérales de l'église primitive.
La limite, marquée par des maçonneries de date différentes, est encore apparente.
Les retombées des arcs latéraux se font sur des demi-colonnes engagées dans les piles.
Pilier cylindrique sud et mur de séparation
Deux grosses colonnes rondes marquent la séparation entre la partie droite du choeur et l'abside. Elles facilitent le raccordement des voûtes des parties droites et courbes du déambulatoire avec celles du berceau du rond point du choeuret des berceaux entre les colonnes.image
Raccorement des voûtes">
Le rond-point du choeur
Le rond-point
du choeur.
Le rond-point du sanctuaire entourant le maître autel est circonscrit par six colonnes cylindriques surmontés de chapitaux placées dans le prolongement des deux grosses piles.
- Piles et colonnes sont unies par des arcs peu élevés sur lesquels repose le mur parabolique de l'abside haute. Ce mur est voûté, en cul-de-four et paré de sept arcades sur colonnettes dont les deux extrêmes et la médiane sont fenêtrées.
* Au-dessus de lui, à la base du cul-de-four sont percées trois fenêtres, encadrées et accostées d'arcatures, selon le système habituel des grandes églises d'Auvergne, a ceci près qu'à Chatel-Montagne il y a deux arcatures aveugles entre deux fenêtres.
Sur ces piles sont bandés très haut les deux arcs brisés - avec un ressaut médian - qui séparent la croisée du chevet à l'arrière, et de la nef à l'avant.>>(→note)Formule favorite de la région arverno-bourbonnaise à partir du milieu du XIIe siècle..Le dernier des doubleaux de la nef vient s'accoler à la murette établie au-dessus de l'arc antérieur.
Le déambulatoire
colonnes jumellées d'entrée et pilier cylindrique, sud
A l'entrée du déambulatoireet en vis à vis de chaque grosse pile cylindrique, deux colonnes jumelées, sur un bahut, sont dressées contre le mur périphérique, chapeautées par un tailloir commun. Elles reçoivent deux arcs doubleaux reposant par une extrémité sur la grosse colonne, l'autre extrémité s'appuyant sur une des deux colonnes jumelées, délimitant ainsi la fin de la travée droite collatérale du chœur et le début de la galerie tournante.(→note)Ce dispositif dérive des entrées des déambulatoires des églises auvergnates, et en particulier de celles dont le déambulatoire dessert quatre chapelles.
colonnes jumellées
et bahut sud-est
* La galerie tournante de Châtel-Montagne est couverte par un simple berceau annulaire continu que pénètrent les prolongeements des cintres des arcs du rond point et ceux des chapelles.
A noter le "bahut", typiquement auvergnat appuyé sur le mur extérieur, faisant le tour du déambulatoire entre les chapelles et sur lequel reposent les piliers.
Chapelle sud-est du choeur
(de saint-Genest).
Les chapelles
Les chapelles rayonnantes sont au nombre de quatre, conformement au plan des églises dont le maître-autel est consacré à la Vierge, car selon une habitude auvergnate, il ne Lui est pas dédié, alors, de chapelle particulière dans l'axe du chevet.
Chacune des chapelles possède trois fenêtres. Quatre colonnettes reçoivent sur leur tailloir, saillant latéralement, les arcs d'ouverture de ces fenêtres.
Les arcs d'ouverture des chapelles sont également portés sur des colonnes dégagées.
Entre chaque chapelle, le mur est également ouvert - entre deux colonnes jumelées - d'une fenêtre encadrée d'un arc sur colonnettes, plus haute que les fenêtres des chapelles.
Toutes ces fenêtres sont placées, comme les colonnettes dégagées qui les encadrent, sur une corniche faisant le tour du choeur sur un seul niveau et rappelant le "bahut" plus bas situé du déambulatoire. C'est une particularité de ce chevet.
ASPECT EXTERIEUR DU CHEVET
Le chevet vu de loin
La travée droite du chœur et du déambulatoire sont accolées au transept. De même qu'à l'intérieur, elles ne s'ornent ni de fenêtre ni de décoration (→note)Uniquement, au sud, une petite porte à l'emplacement de l'accès à l'ancienne sacristie, surmontée d'une petite fenêtre.
* Leurs toits sont établis au niveau de ceux de la nef et des collatéraux. Ils butent sur un mur pignon amorti sur antéfix, débordant latéralement par deux "rampants" sur contreforts et créés ou exagérés lors des restaurations.
* Plus à l"est, c'est le cul-de-four du choeur, demi-ellipsoïdal, décorée dans sa partie encore droite de deux arcatures aveugles unies par une colonnette, puis dans sa partie courbe, de trois baies (avec vitraux).
Face sud du chevet
Comme décoration on retrouve des contreforts scandant l'espace entre les fenêtres des chapelles rayonnantes et une cordon de biellette entourant le choeur, passant en "sourcil" au-dessus des fenêtres.
* Plus bas c'est le toit de la galerie tournante sur les murs de laquelle viennent simplement s'appuyer les toitures mi-coniques des quatre chapelles rayonnantes, entre chacune desquelles s'ouvre une des fenêtres du déambulatoire. Les trois baies ouvertes sur ces chapelles sont séparées par de simples contreforts en biseau.
Cet étagement des toitures rapelle fortement les églises d'Auvergne, mais ce modèle s'était déjà largement répandu en France depuis le XIe siècle. Sa réalisation à Chatel-Montagne étant tardive, elle s'avère très soignée et de qualité, avec les contreforts tous semblables et les fenêtres du déambulatoire presque de même taille que celles des chapelles.